Tous les « À retenir » du cours, dans l'ordre du plan : l'essentiel à garder sous la main.
L'aménagement du territoire français et européen
Partie II — Géographie appliquée · E. L'aménagement et l'urbanisme
Fil conducteur
Inès découvre dans un document officiel que sa commune relève d'un schéma régional, lui-même inscrit dans une politique européenne.
En une phrase
L’aménagement du territoire est l’action publique qui organise l’occupation et l’usage de l’espace, en France à travers l’État et les collectivités, et en Europe à travers la politique de cohésion qui vise à réduire les écarts entre régions.
L’aménagement du territoire, c’est la façon dont l’État, les régions et l’Europe décident où l’on construit, comment on relie les villes et comment on aide les régions en retard.
Pourquoi c'est important
Sans aménagement, les activités et les populations se concentreraient dans quelques espaces, au détriment des autres. L’aménagement cherche à équilibrer les territoires, à organiser les transports et les services, et à concilier développement économique et protection de l’environnement.
Sans règles, tout se concentrerait dans quelques endroits. L’aménagement sert à répartir les services, les transports et les emplois, et à protéger les espaces naturels.
Comment ça marche
En France, la DATAR, créée en 1963, a porté la politique d’équilibre entre Paris et la province ; les lois de décentralisation de 1982-1983 ont transféré de nombreuses compétences aux régions, départements et communes.
La loi du 4 février 1995 (LOADT) a fixé des objectifs d’aménagement, et la loi du 7 août 2015 (NOTRe) a créé le SRADDET, schéma régional qui fixe les orientations d’aménagement à l’échelle de la région.
L’Union européenne mène une politique de cohésion, financée par des fonds structurels (dont le FEDER, créé en 1975), qui cible les régions les moins développées.
Les acteurs se multiplient : État, régions, intercommunalités, pays, métropoles, sans qu’une autorité unique ne coordonne l’ensemble.
En France, depuis 1963, l’État a voulu rééquilibrer le pays par rapport à Paris. En 1982-1983, il a donné plus de pouvoir aux régions, aux départements et aux communes.
Une loi de 1995 fixe des objectifs, et une loi de 2015 crée un plan régional, le SRADDET.
L’Europe aide les régions pauvres avec de l’argent, grâce à des fonds créés dans les années 1970.
Beaucoup d’acteurs interviennent, et personne ne les coordonne tout à fait.
Exemple concret
Une région française élabore un SRADDET qui fixe des objectifs de réduction de l’artificialisation des sols, de développement des transports collectifs et d’équilibre entre métropole et territoires ruraux. Les intercommunalités doivent ensuite traduire ces orientations dans leurs documents d’urbanisme.
Une région écrit son plan : moins de terres bétonnées, plus de bus et de trains, un meilleur équilibre entre la grande ville et les campagnes. Les communes doivent ensuite suivre ces objectifs.
Vocabulaire
Aménagement du territoire : action publique qui organise l’implantation des activités, des populations et des équipements dans l’espace.
Cohésion territoriale : objectif de réduction des écarts de développement entre territoires d’un même ensemble.
SRADDET : schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires, qui fixe les grandes orientations d’une région.
Aménagement du territoire : la manière dont on organise l’espace (routes, écoles, emplois, logements).
Cohésion territoriale : réduire les écarts entre régions riches et régions pauvres.
SRADDET : le plan régional qui fixe les grandes règles d’aménagement.
Les chiffres à connaître
1963 : création de la DATAR, chargée de la politique d’aménagement du territoire français. Décret du 14 février 1963, Légifrance.
7 août 2015 : loi NOTRe, qui crée le SRADDET. Légifrance.
1963 : l’État crée la DATAR pour rééquilibrer le pays. Légifrance.
7 août 2015 : la loi NOTRe crée le plan régional, le SRADDET. Légifrance.
Ce qu'en disent les géographes
Les géographes ont longtemps critiqué l’aménagement volontariste des années 1960 et 1970, qui mettait en œuvre des modèles de planification parfois éloignés des réalités locales. Aujourd’hui, la réflexion porte sur la gouvernance à plusieurs niveaux, la participation des habitants et la prise en compte des équilibres environnementaux.
Les géographes ont critiqué les plans des années 1960 et 1970, qui ne tenaient pas toujours compte du terrain. Aujourd’hui, on met l’accent sur la concertation avec les habitants et l’environnement.
Piège / à ne pas confondre
Aménagement du territoire et urbanisme ne sont pas la même chose : le premier porte sur l’organisation d’un espace à grande échelle, le second sur la construction et les règles d’usage des sols dans les villes et les communes. Autre piège : la cohésion européenne ne signifie pas l’égalité des niveaux de vie, mais la réduction des écarts.
L’aménagement du territoire regarde les grands espaces. L’urbanisme regarde les villes et les règles de construction. Et la politique européenne vise à réduire les écarts, pas à tout égaliser.
Pour anticiper
Pour un projet d’aménagement, identifie le niveau de décision (État, région, intercommunalité, commune), les documents qui s’appliquent (SRADDET, schéma, plan local) et les financements possibles, notamment européens.
Pour un projet, demande-toi qui décide (État, région, commune), quel document s’applique et s’il existe de l’argent européen pour le financer.
À retenir
L’aménagement organise l’espace par des politiques publiques à plusieurs niveaux, de la commune à l’Union européenne. Il vise à équilibrer les territoires et à réduire les écarts entre eux.
Plusieurs niveaux de pouvoir organisent l’espace, de la commune à l’Europe. Le but est de réduire les écarts entre les territoires.
Le développement régional
Partie II — Géographie appliquée · E. L'aménagement et l'urbanisme
Fil conducteur
Inès visite deux villes moyennes à une heure d'écart : l'une attire des entreprises, l'autre perd ses jeunes. Pourquoi ?
En une phrase
Le développement régional désigne les stratégies qui cherchent à renforcer la croissance et l’attractivité d’une région, en s’appuyant sur ses atouts : entreprises, formation, recherche, infrastructures et capacités d’innovation.
Le développement régional, ce sont les actions qui rendent une région plus forte : des entreprises, des écoles, des routes, et de quoi attirer des habitants.
Pourquoi c'est important
Les régions ne se développent pas de manière uniforme : certaines concentrent emplois et innovations, d’autres décrochent. Le développement régional vise à réduire ces écarts et à donner aux territoires en difficulté des moyens de se redresser, sans les enfermer dans un modèle unique.
Certaines régions s’enrichissent, d’autres perdent leurs emplois et leurs jeunes. Le développement régional cherche à aider les secondes à se relever.
Comment ça marche
L’attractivité d’une région dépend de l’emploi, du logement, de la qualité de vie, de l’accessibilité et de la présence de formations et d’universités.
Les PÔLES DE COMPÉTITIVITÉ, lancés en France en 2004, regroupent entreprises, laboratoires et organismes de formation autour d’une filière, pour stimuler l’innovation.
L’économie résidentielle et touristique, ainsi que les services à la population, prennent une place croissante dans les régions en déclin industriel.
Le développement régional repose sur des partenariats entre niveaux de pouvoir et acteurs privés, et sur des financements publics souvent cofinancés par l’Union européenne.
Une région attire si elle a du travail, des logements, un cadre de vie agréable, de bons trajets et des écoles ou une université.
En 2004, la France a créé des pôles de compétitivité : des entreprises, des labos et des écoles qui travaillent ensemble sur un même domaine.
Les régions qui ont perdu leurs usines misent sur le tourisme, les services et l’accueil de nouveaux habitants.
Les projets reposent sur des partenariats entre l’État, les régions, les entreprises et l’Europe.
Exemple concret
Un pôle de compétitivité autour de l’agroalimentaire, implanté dans une région de l’ouest de la France, réunit des industriels, des laboratoires de recherche et une école d’ingénieurs. Il attire des projets d’innovation et des emplois qualifiés, et contribue à fixer des jeunes diplômés dans des territoires qui en perdaient.
Dans l’ouest de la France, un pôle autour de l’alimentation réunit des entreprises, des chercheurs et une école. Il crée des emplois qualifiés et garde des jeunes qui partaient auparavant.
Vocabulaire
Développement régional : stratégies d’un territoire régional pour accroître son activité, son emploi et son attractivité.
Pôle de compétitivité : regroupement d’entreprises, de laboratoires et de formations autour d’une filière, pour stimuler l’innovation.
Attractivité : capacité d’un territoire à attirer des habitants, des entreprises, des touristes et des capitaux.
Développement régional : rendre une région plus forte et plus attirante.
Pôle de compétitivité : des entreprises et des écoles qui travaillent ensemble sur un même secteur.
Attractivité : ce qui donne envie aux gens et aux entreprises de venir.
Les chiffres à connaître
2004 : lancement en France des pôles de compétitivité, pour réunir entreprises et recherche sur une même filière. Gouvernement français, DATAR, 2004.
0,972 : IDH le plus élevé du monde en 2025 (Islande), ce qui rappelle que la richesse régionale se mesure aussi en santé et en éducation. PNUD, HDR 2025.
2004 : la France crée les pôles de compétitivité. Gouvernement, 2004.
0,972 : le meilleur score de développement humain en 2025. PNUD, 2025.
Ce qu'en disent les géographes
Les géographes économistes, comme ceux de l’école de la régulation et les tenants de l’économie territoriale, insistent sur le rôle des proximités (géographique, organisationnelle, institutionnelle) dans l’innovation. Une région se développe quand ses acteurs apprennent à coopérer, pas seulement quand elle reçoit des financements.
Pour les géographes de l’économie, une région se développe quand ses acteurs apprennent à travailler ensemble. Recevoir de l’argent ne suffit pas.
Piège / à ne pas confondre
Attractivité ne signifie pas croissance : une région peut attirer des habitants sans créer d’emplois, et inversement. Autre piège : un pôle de compétitivité n’est pas une entreprise ; c’est un réseau, qui n’a de sens que si ses membres coopèrent réellement.
Attirer des gens ne veut pas dire créer des emplois. Et un pôle de compétitivité est un réseau : il ne marche que si les membres travaillent vraiment ensemble.
Pour anticiper
Pour une ville moyenne ou une région en difficulté, cherche ses atouts (formation, foncier, accessibilité, filière existante), les freins (emploi, transport, services) et les acteurs capables de coopérer. C’est souvent cette combinaison qui détermine le succès d’une stratégie régionale.
Pour une ville ou une région en difficulté, regarde ce qu’elle a de bon (formations, terrains, transports, un savoir-faire), ce qui la freine, et qui peut travailler avec qui.
À retenir
Le développement régional s’appuie sur les atouts et l’attractivité d’un territoire. Il repose sur la coopération entre acteurs, l’innovation et des financements publics, et vise à réduire les écarts entre régions.
Une région se développe en s’appuyant sur ses atouts, en travaillant avec ses acteurs et en attirant. Ce n’est pas seulement une question d’argent.
Les politiques urbaines et l'urbanisme
Partie II — Géographie appliquée · E. L'aménagement et l'urbanisme
Fil conducteur
Inès lit le plan local d'urbanisme de sa commune : chaque zone colorée est une règle qui décide ce qu'on peut construire, et où.
En une phrase
L’urbanisme définit par des règles et des documents ce qui peut être construit, où et sous quelles conditions ; les politiques urbaines visent à transformer les villes, à lutter contre la ségrégation et à rénover les quartiers.
L’urbanisme dit ce qu’on a le droit de construire, où, et comment. Les politiques urbaines cherchent à améliorer les villes : rénover les quartiers, faire des logements, réduire les écarts.
Pourquoi c'est important
Les règles d’urbanisme déterminent le prix du logement, la répartition des activités, la place des espaces verts et l’accès aux services. Une ville mal planifiée s’étale, se ségrège et pollue ; une ville bien organisée limite les déplacements et protège ses habitants.
Les règles d’urbanisme changent le prix des logements, où se trouvent les commerces, les parcs et les écoles. Une ville mal organisée s’étale, sépare les gens et pollue.
Comment ça marche
Le PLAN LOCAL D’URBANISME (PLU), qui remplace le plan d’occupation des sols depuis la loi SRU du 13 décembre 2000, découpe la commune en zones aux règles différentes (constructibilité, hauteur, espaces verts).
La loi SRU impose aussi une part minimale de logements sociaux dans certaines communes, et lie les documents d’urbanisme à la cohérence des transports et de l’habitat.
La rénovation urbaine, mise en œuvre à partir de la loi du 1er août 2003 avec l’ANRU, vise à démolir ou réhabiliter des quartiers d’habitat social dégradés et à les reconnecter à la ville.
Les politiques de la « ville durable » (densité maîtrisée, transports collectifs, nature en ville) cherchent à limiter l’étalement et les déplacements.
Depuis 2000, chaque commune a un plan qui découpe son territoire en zones : où l’on peut construire, à quelle hauteur, où planter des arbres.
La loi de 2000 demande aussi que certaines communes aient une part de logements sociaux.
Depuis 2003, on rénove les quartiers d’habitat social abîmés, et on les relie mieux au reste de la ville.
On veut aujourd’hui des villes plus compactes, avec des transports en commun et de la nature.
Exemple concret
Un quartier d’habitat social construit dans les années 1960, isolé par des voies rapides et sans commerces, a fait l’objet d’une opération de rénovation : démolition de barres, création d’espaces publics, nouvelles voies et implantation de services. L’objectif était de rétablir des liens avec les quartiers voisins et de diversifier l’offre de logements.
Dans un quartier de barres d’immeubles des années 1960, isolé du reste de la ville, on a démoli une partie des bâtiments, créé des rues et des places, et ouvert des commerces. Le but : reconnecter le quartier à la ville.
Vocabulaire
Urbanisme : ensemble des règles et des pratiques qui organisent la construction et l’usage des sols en ville.
Plan local d’urbanisme (PLU) : document qui fixe les règles d’usage des sols d’une commune ou d’une intercommunalité.
Rénovation urbaine : transformation physique et sociale d’un quartier dégradé, par la démolition, la réhabilitation et la reconnexion à la ville.
Urbanisme : les règles qui disent comment on construit en ville.
Plan local d’urbanisme (PLU) : le document qui fixe ces règles pour une commune.
Rénovation urbaine : refaire un quartier abîmé, pour qu’il soit relié au reste de la ville.
Les chiffres à connaître
13 décembre 2000 : loi SRU, qui remplace le plan d’occupation des sols par le plan local d’urbanisme. Légifrance.
1er août 2003 : loi qui crée l’ANRU, chargée de la rénovation urbaine des quartiers d’habitat social. Légifrance.
13 décembre 2000 : la loi SRU crée le plan local d’urbanisme. Légifrance.
1er août 2003 : la loi crée l’ANRU, pour rénover les quartiers abîmés. Légifrance.
Ce qu'en disent les géographes
Les géographes urbains ont critiqué les grands ensembles et la séparation des fonctions issue de la Charte d’Athènes de 1933, qui a longtemps guidé l’urbanisme. Aujourd’hui, la réflexion porte sur la mixité des fonctions et des populations, et sur la ville compacte, avec ses limites.
Les géographes ont critiqué l’urbanisme qui séparait strictement les fonctions : d’un côté les logements, de l’autre les bureaux et les commerces. Aujourd’hui, on cherche plutôt la mixité, avec des quartiers où l’on vit, travaille et achète.
Piège / à ne pas confondre
Urbanisme et urbanisation ne sont pas synonymes : l’urbanisme est l’action publique qui organise la ville, l’urbanisation désigne la croissance de la population et de l’espace urbain. Autre piège : la densification n’est pas toujours synonyme de qualité urbaine ; elle doit s’accompagner de services et d’espaces publics.
L’urbanisme, c’est l’organisation de la ville. L’urbanisation, c’est la croissance de la ville. Et construire plus serré ne suffit pas : il faut des écoles, des parcs, des services.
Pour anticiper
Pour un projet urbain, vérifie la règle qui s’applique (zonage, hauteur, part de logements sociaux), qui profite de l’opération et comment elle s’articule avec les transports et les services. Un projet isolé, sans liaison, reproduit souvent les problèmes qu’il devait résoudre.
Pour un projet de construction, regarde la règle qui s’applique, qui en profite, et si le quartier sera relié aux transports et aux services. Un quartier isolé reproduit souvent les problèmes qu’il voulait régler.
À retenir
L’urbanisme fixe par des documents les règles de construction et d’usage des sols. Les politiques urbaines visent à rénover les quartiers, à réduire la ségrégation et à rendre la ville plus compacte et mieux reliée.
Les règles d’urbanisme disent ce qu’on peut construire et où. Les politiques urbaines veulent des villes mieux reliées, avec des quartiers qui ne sont pas isolés.