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Fiche de révision

Tous les « À retenir » du cours, dans l'ordre du plan : l'essentiel à garder sous la main.

Les pays émergents

Partie II — Géographie appliquée · A. La géographie du développement

Fil conducteur

Inès lit un article sur une usine de véhicules électriques installée dans un pays qu'elle croyait pauvre il y a dix ans.

En une phrase

Les pays émergents sont des économies en rattrapage rapide, fondées sur l’industrialisation, l’ouverture commerciale et l’attraction des capitaux, qui ne sont pas encore des pays développés à tous égards.

Pourquoi c'est important

Les pays émergents ont modifié la géographie économique mondiale : ils fabriquent une part croissante des biens, pèsent sur les marchés des matières premières et des capitaux, et contestent la domination des anciens pôles. Leur développement est aussi inégal à l’intérieur : des métropoles très riches côtoient des campagnes et des périphéries pauvres.

Comment ça marche

  • L’industrialisation repose sur l’attraction des investissements directs étrangers, un coût du travail compétitif et une intégration aux chaînes de valeur mondiales.
  • L’ouverture commerciale et la spécialisation dans des produits manufacturés permettent de financer la croissance par les exportations.
  • L’expression « BRIC », forgée en 2001 par l’économiste Jim O’Neill, a désigné le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine avant que la catégorie ne s’élargisse.
  • Les émergents restent confrontés à des inégalités internes, à une dépendance aux capitaux étrangers et à des fragilités financières.

Exemple concret

En Chine, la croissance urbaine et industrielle des vingt dernières années a déplacé des dizaines de millions de travailleurs des campagnes vers les zones industrielles des côtes. Les usines de ces zones ont exporté massivement, avant que la montée des salaires et des tensions commerciales n’oblige à monter en gamme.

Vocabulaire

  • Pays émergent : économie dont la croissance rapide et l’industrialisation la rapprochent des pays développés, sans que son développement soit achevé.
  • Investissement direct étranger (IDE) : capital investi par une entreprise dans une unité de production située dans un autre pays.
  • Intégration commerciale : degré d’ouverture d’une économie aux échanges internationaux de biens et de services.

Les chiffres à connaître

  • 110 060 milliards de dollars : PIB mondial en 2024, dans lequel la part des économies émergentes ne cesse d’augmenter. FMI, données reprises par LoveMoney (2026).
  • 0,972 : IDH le plus élevé du classement 2025 (Islande, données 2023), contre une fourchette beaucoup plus basse pour les pays en tête du rattrapage. PNUD, Rapport sur le développement humain 2025.

Ce qu'en disent les géographes

Les géographes du développement distinguent la croissance économique du développement humain. Un pays peut afficher une croissance rapide sans que les services de base, l’éducation et la santé suivent. Cette distinction, défendue par le PNUD depuis 1990 avec l’indice de développement humain, structure aujourd’hui l’analyse des émergents.

Piège / à ne pas confondre

Émergent ne veut pas dire développé. La catégorie est une réalité économique qui évolue : un pays peut en sortir ou y entrer. Autre piège : la croissance moyenne d’un pays cache les écarts entre régions. Il faut toujours regarder la répartition, pas seulement le total.

Pour anticiper

Face à un pays émergent, demande-toi quelle est la base de sa croissance (industrie, services, matières premières), qui en profite à l’intérieur, et de quelles dépendances elle s’accompagne (capitaux, marchés extérieurs, énergie).

À retenir

Les pays émergents rattrapent les économies développées par l’industrialisation, l’ouverture commerciale et les capitaux étrangers. Leur développement reste inégal et dépend de leurs choix internes comme de leurs liens extérieurs.

Les pays les moins avancés (PMA)

Partie II — Géographie appliquée · A. La géographie du développement

Fil conducteur

Inès cherche sur une carte les pays que l'ONU classe à part : beaucoup sont enclavés, et la plupart sont en Afrique.

En une phrase

Les pays les moins avancés (PMA) forment une catégorie de l’ONU définie par trois critères : un revenu par habitant faible, un capital humain insuffisant et une vulnérabilité économique forte aux chocs.

Pourquoi c'est important

La catégorie PMA organise l’aide internationale et l’accès préférentiel aux marchés. Elle oriente aussi les politiques de développement : les PMA ont besoin de financements, de capacités administratives et de protection contre les chocs, non seulement de croissance.

Comment ça marche

  • Le Comité des politiques de développement de l’ONU évalue les pays tous les trois ans selon trois critères : le revenu brut par habitant, un indice de capital humain (santé et éducation) et un indice de vulnérabilité économique.
  • Pour sortir de la catégorie, un pays doit remplir les seuils de graduation lors de deux revues consécutives ; la graduation est ensuite décidée par le Conseil économique et social puis l’Assemblée générale.
  • Beaucoup de PMA sont enclavés (sans accès à la mer) ou insulaires, ce qui renchérit leurs échanges.
  • Leur économie repose souvent sur quelques productions agricoles ou minières, ce qui les rend dépendants des cours mondiaux.

Exemple concret

Le Laos, pays enclavé d’Asie du Sud-Est, dépend de l’exportation de ressources et de l’énergie hydroélectrique vers ses voisins. L’ONU a recommandé en 2026 son retrait de la liste des PMA. Cette sortie dépendra de la confirmation formelle des instances de l’ONU, et ne suffit pas à elle seule à assurer un développement durable.

Vocabulaire

  • PMA : pays les moins avancés, catégorie définie par l’ONU sur des critères de revenu, de capital humain et de vulnérabilité économique.
  • Enclavement : absence d’accès direct à la mer, qui renchérit les coûts de transport et d’échange.
  • Vulnérabilité économique : exposition d’une économie aux chocs extérieurs (prix, catastrophes naturelles, crises financières).

Les chiffres à connaître

  • 4,3 enfants par femme en moyenne en Afrique subsaharienne en 2024, nettement plus que dans le reste du monde. Cette fécondité pèse sur la capacité des PMA à investir dans l’éducation et la santé. ONU, World Population Prospects 2024.
  • Bangladesh, Laos et Népal : pays programmés pour sortir de la catégorie en 2026 selon l’UNCTAD. UNCTAD, liste des PMA.

Ce qu'en disent les géographes

Les géographes du développement ont montré que l’enclavement, la distance aux marchés et la faiblesse des réseaux de transport expliquent une part importante des retards. Le concept de PMA, créé par l’ONU en 1971, est une catégorie statistique et politique, discutée car elle fige des situations qui évoluent.

Piège / à ne pas confondre

PMA et pays en développement ne sont pas synonymes : tous les pays en développement ne sont pas des PMA, et certains PMA ont une croissance rapide. Autre piège : la sortie de la liste ne signifie pas la fin de la pauvreté, seulement le franchissement de seuils statistiques.

Pour anticiper

Pour un PMA, demande-toi quels sont ses obstacles (enclavement, dépendance à une ressource, vulnérabilité climatique) et quels leviers existent : intégration régionale, infrastructures de transport, diversification économique.

À retenir

Les PMA sont définis par l’ONU selon le revenu, le capital humain et la vulnérabilité économique. Leur retard tient souvent à l’enclavement, à la dépendance à quelques ressources et à la fragilité face aux chocs.

Les problèmes urbains dans les pays en voie de développement

Partie II — Géographie appliquée · A. La géographie du développement

Fil conducteur

Inès étudie une mégapole d'Asie du Sud : des quartiers de gratte-ciel, puis, à quelques kilomètres, des habitations sans eau courante.

En une phrase

La croissance urbaine rapide des pays en voie de développement dépasse souvent la capacité des villes à fournir logements, eau, transports et emplois, ce qui produit des quartiers précaires et des inégalités criantes.

Pourquoi c'est important

Les villes des pays en développement concentrent désormais une part majeure de la population et de la croissance mondiale. Si leurs problèmes ne sont pas traités, ils freinent le développement national, aggravent la pauvreté et augmentent les risques sanitaires et environnementaux.

Comment ça marche

  • L’exode rural et les migrations internes alimentent une croissance urbaine supérieure à celle des emplois et des équipements publics.
  • Le bidonville ou l’habitat informel se développe sur des terrains non constructibles, sans accès aux réseaux d’eau, d’assainissement et d’électricité.
  • La MÉGAPOLE combine une population immense et une forte fragmentation : une minorité a accès aux services, la majorité vit dans des quartiers précaires.
  • Les transports et la mobilité posent problème : congestion, faible couverture des transports collectifs, exposition aux pollutions de l’air.

Exemple concret

Dhaka, capitale du Bangladesh, compte environ 36,6 millions d’habitants dans son agglomération selon la révision 2025 de l’ONU. La ville concentre industries textiles et emplois, mais elle est aussi exposée aux inondations, et une part importante de ses habitants vit dans des quartiers précaires, sans équipements d’assainissement suffisants.

Vocabulaire

  • Bidonville : quartier d’habitat précaire, construit sans autorisation et sans accès aux réseaux de base.
  • Mégapole : agglomération de plus de dix millions d’habitants.
  • Croissance urbaine : augmentation de la population des villes, due à la natalité urbaine, à l’exode rural et aux migrations.

Les chiffres à connaître

  • 45 % de la population mondiale vit dans des villes en 2025, selon la méthode du Degré d’urbanisation, qui est plus large que les définitions nationales. ONU, World Urbanization Prospects 2025.
  • 41,9 millions d’habitants pour Jakarta, première agglomération mondiale selon la révision 2025 de l’ONU. ONU, WUP 2025, via Nippon.com.

Ce qu'en disent les géographes

La géographie urbaine contemporaine insiste sur la diversité des villes du Sud : leur croissance n’est pas une copie de celle des villes européennes, et les quartiers informels font partie de l’économie urbaine, non seulement de ses problèmes.

Piège / à ne pas confondre

Ville en développement ne signifie pas ville sans richesse : les mégapoles du Sud concentrent aussi des fortunes et des fonctions économiques majeures. Autre piège : un bidonville n’est pas un quartier homogène ; il comporte des niveaux de confort très différents.

Pour anticiper

Pour une ville en croissance rapide, demande-toi si les équipements suivent le rythme : eau, assainissement, transports, logements. Un projet de transport ou de desserte peut changer toute la structure d’une agglomération.

À retenir

La croissance urbaine rapide des pays en développement dépasse les capacités d’équipement. Il en résulte un habitat informel, des mégapoles fragmentées et des inégalités d’accès aux services.

Les problèmes environnementaux dans les pays en voie de développement

Partie II — Géographie appliquée · A. La géographie du développement

Fil conducteur

Inès lit qu'une forêt tropicale voit son couvert reculer pour le soja, le bois et les pâturages : chaque hectare a plusieurs usages concurrents.

En une phrase

Dans les pays en voie de développement, les problèmes environnementaux (déforestation, dégradation des sols, pollution, vulnérabilité au climat) sont liés à la pauvreté, à la croissance démographique et à la dépendance aux ressources naturelles, et touchent d’abord les populations les plus démunies.

Pourquoi c'est important

Les ressources naturelles fournissent l’alimentation, l’eau, l’énergie et les revenus de ces pays. Leur dégradation compromet donc directement le développement. Le changement climatique aggrave les vulnérabilités : sécheresses, inondations et montée des températures frappent d’abord les agricultures pluviales et les villes sans infrastructures.

Comment ça marche

  • La DÉFORESTATION résulte de l’extension agricole, de l’exploitation du bois et des infrastructures. Elle réduit la biodiversité et la régulation du climat et de l’eau.
  • La dégradation des sols (érosion, salinisation, épuisement) réduit les rendements dans des agricultures qui n’ont pas les moyens de fertiliser ou de reboiser.
  • La pollution urbaine et industrielle (eau, air, déchets) touche d’abord les quartiers pauvres, sans collecte ni traitement suffisants.
  • La vulnérabilité climatique est forte quand la population dépend de l’agriculture pluviale et que les infrastructures de protection manquent.

Exemple concret

En Amazonie, l’extension des pâturages et des cultures commerciales a fait reculer la forêt, avec des effets sur les pluies régionales et sur les populations riveraines. Les populations locales dépendent souvent de la forêt pour leurs revenus, ce qui oblige à concilier conservation et développement.

Vocabulaire

  • Déforestation : conversion de forêts vers d’autres usages (agriculture, pâturage, infrastructures), qui réduit durablement le couvert forestier.
  • Dégradation des sols : perte de fertilité ou de capacité productive des sols, par érosion, salinisation ou épuisement.
  • Vulnérabilité climatique : exposition d’une population ou d’un territoire aux effets du climat et de ses variations.

Les chiffres à connaître

  • 10,9 millions d’hectares de forêts perdus par an entre 2015 et 2025 (déforestation brute), contre 17,6 millions dans les années 1990-2000. FAO, Global Forest Resources Assessment 2025.
  • 4,12 millions d’hectares de perte nette annuelle de forêts sur la même période. FAO, 2025.

Ce qu'en disent les géographes

Les géographes de l’environnement ont défendu l’idée que la dégradation de la nature dans les pays du Sud est le produit de rapports sociaux et économiques inégaux, et non d’une simple pression démographique. Cette lecture politique de l’environnement, dite political ecology, est aujourd’hui très présente dans la recherche.

Piège / à ne pas confondre

Déforestation et déboisement ne sont pas toujours synonymes : une forêt exploitée peut être replantée, mais une forêt convertie en pâturage ou en culture ne l’est généralement pas. Autre piège : rendre les pays pauvres responsables de la dégradation sans regarder la demande extérieure en produits agricoles et en bois.

Pour anticiper

Pour un problème environnemental dans un pays en développement, identifie qui en profite, qui le subit et quelles alternatives existent. La réponse passe souvent par une combinaison de protection, de revenus de substitution et de gouvernance locale.

À retenir

Les problèmes environnementaux des pays en développement (déforestation, dégradation des sols, pollution, vulnérabilité climatique) sont liés à la pauvreté et aux rapports économiques. Ils touchent d’abord les populations les plus démunies.