Tous les « À retenir » du cours, dans l'ordre du plan : l'essentiel à garder sous la main.
Les transformations de la cartographie
Partie II — Géographie appliquée · F. Les méthodes et outils de l'analyse spatiale
Fil conducteur
Inès compare une carte d'état-major de son grand-père à une carte en ligne : même territoire, deux manières de le dire.
En une phrase
La cartographie est passée du papier à des représentations numériques, interactives et multi-sources, qui combinent images satellites, données collectées sur le terrain et contributions des utilisateurs, mais qui restent des constructions sur un choix de données.
Les cartes ne sont plus seulement sur papier : on les fait avec des satellites, des téléphones et des ordinateurs. Elles sont plus riches, mais elles restent le résultat de choix.
Pourquoi c'est important
La carte est un outil d’analyse autant que de communication. Connaître les transformations de la cartographie permet de lire les cartes contemporaines de façon critique, de savoir quelles données elles montrent, à quelle échelle et avec quelles omissions.
Une carte peut tromper, par ce qu’elle montre comme par ce qu’elle cache. Savoir comment elle a été faite permet de la lire sans se laisser prendre.
Comment ça marche
La cartographie assistée par ordinateur, puis les systèmes d’information géographique, ont permis de superposer des données et de produire des cartes à la demande.
La TÉLÉDÉTECTION fournit des images satellitaires régulières (programmes européens Copernicus, américains Landsat) qui suivent l’occupation des sols, les forêts ou les crues.
Les cartes numériques en ligne, nées dans les années 2000, combinent fonds de carte, données participatives et calculs d’itinéraires ; OpenStreetMap, lancé en 2004, est une base cartographique collaborative.
Toute carte est une construction : choix de l’échelle, de la projection, de la légende, des données retenues. Ces choix orientent la lecture.
Depuis les années 1980, les ordinateurs permettent de superposer plusieurs données et de faire une carte en quelques clics.
Des satellites photographient régulièrement la Terre : ils voient les forêts qui reculent ou les inondations.
Les cartes en ligne mélangent fonds de carte, informations envoyées par les utilisateurs et calcul des trajets. OpenStreetMap, créé en 2004, est une carte que tout le monde peut corriger.
Une carte fait toujours des choix : l’échelle, la projection, la légende, les données. Ces choix orientent ce que l’on voit.
Exemple concret
Pour suivre la déforestation d’une région tropicale, on compare des images satellites de plusieurs années. La carte montre une perte de couvert, mais elle ne dit pas si la forêt a été défrichée pour l’élevage, l’agriculture ou une route, ce qui suppose un travail de terrain complémentaire.
Pour voir une forêt qui recule, on compare des photos prises par satellite à plusieurs années d’écart. La carte montre où elle a reculé, pas pourquoi : il faut aller voir sur le terrain.
Vocabulaire
Télédétection : acquisition d’informations sur la surface terrestre à distance, par capteurs embarqués sur satellite, avion ou drone.
Projection cartographique : méthode de représentation d’une surface sphérique sur un plan, qui déforme nécessairement certaines distances, surfaces ou formes.
Cartographie participative : production de cartes avec la contribution des habitants ou des usagers d’un territoire.
Télédétection : observer la Terre de loin, avec des satellites ou des avions.
Projection cartographique : la façon de mettre la Terre ronde sur une feuille plate, qui déforme toujours quelque chose.
Cartographie participative : une carte faite avec les habitants.
Les chiffres à connaître
4,14 milliards d’hectares de forêts, dont l’évolution est suivie par télédétection dans l’évaluation mondiale de la FAO. FAO, Global Forest Resources Assessment 2025.
10,9 millions d’hectares de déforestation brute par an entre 2015 et 2025, chiffre établi notamment à partir de données satellitaires. FAO, 2025.
4,14 milliards d’hectares de forêts, mesurés en partie depuis l’espace. FAO, 2025.
10,9 millions d’hectares de forêts disparaissent chaque année, selon les mesures de la FAO. FAO, 2025.
Ce qu'en disent les géographes
Yves Lacoste, dans la tradition de la géographie critique, a montré que la carte est un outil de pouvoir : elle désigne, classe et hiérarchise l’espace. Cette lecture encourage à interroger chaque carte sur ce qu’elle montre, ce qu’elle exclut et qui la produit.
Yves Lacoste a montré que la carte est un outil de pouvoir : elle choisit ce qu’elle montre et ce qu’elle laisse de côté. Il faut donc se demander qui l’a faite, et pourquoi.
Piège / à ne pas confondre
Une carte n’est pas le territoire : elle en est une représentation, réduite et choisie. Autre piège : une carte très précise en apparence peut être fausse sur le fond, si ses données sont anciennes, incomplètes ou mal interprétées.
Une carte n’est pas le territoire, c’est une image choisie. Et une carte précise peut se tromper si ses données sont vieilles ou incomplètes.
Pour anticiper
Face à une carte, demande-toi : quelle est la source, quelle est la date des données, quelle est l’échelle, quel choix de représentation a été fait, et que ne montre-t-elle pas. Cette grille vaut pour une carte de presse comme pour une carte du concours.
Devant une carte, pose-toi cinq questions : d’où viennent les données, de quand elles datent, à quelle échelle elle est faite, ce qu’elle a choisi de montrer, et ce qu’elle cache.
À retenir
La cartographie est devenue numérique, multi-sources et interactive, grâce aux satellites et aux systèmes d’information. Toute carte reste une construction : il faut en interroger les sources, l’échelle et les omissions.
Les cartes se font aujourd’hui avec des satellites et des ordinateurs. Mais une carte reste un choix : il faut toujours regarder d’où viennent ses données.
Les systèmes d'information géographique
Partie II — Géographie appliquée · F. Les méthodes et outils de l'analyse spatiale
Fil conducteur
Inès superpose sur un même écran le relief, les routes et les écoles de sa commune : une seule carte répond à trois questions.
En une phrase
Un système d’information géographique (SIG) est un ensemble d’outils qui saisit, stocke, traite, analyse et représente des données localisées, organisées en couches superposables, pour répondre à une question spatiale.
Un SIG est un logiciel qui range des informations sur des lieux, en couches, pour les croiser et répondre à une question sur l’espace.
Pourquoi c'est important
Les SIG sont utilisés par les collectivités, les entreprises, les services de secours et les chercheurs pour planifier, surveiller et évaluer. Ils permettent de croiser des données qui n’auraient pas été comparables sur papier, et donc de formuler des questions spatiales précises.
Les SIG servent aux communes, aux entreprises, aux secours et aux chercheurs. Ils permettent de croiser des données qu’on ne pouvait pas comparer avant.
Comment ça marche
Chaque couche d’information contient des objets géolocalisés (points, lignes, polygones) auxquels sont associés des attributs : une école est un point, une route une ligne, une zone inondable un polygone.
Les couches sont superposées sur un même fond et géoréférencées, c’est-à-dire placées dans un même système de coordonnées.
Les opérations d’analyse incluent la sélection (ce qui est à moins de 500 mètres d’une route), la distance, l’intersection et la modélisation (zones de desserte, cartes de densité).
Le SIG combine une base de données et une représentation cartographique : une même donnée peut être interrogée et cartographiée de plusieurs façons.
Chaque couche contient des objets placés sur la carte : des points pour les écoles, des lignes pour les routes, des zones pour les terrains inondables.
Toutes les couches sont calées sur le même fond de carte, au même endroit.
On peut poser des questions : qu’est-ce qui est à moins de 500 mètres d’une route ? Quelle zone est la plus loin d’une école ?
Un SIG est à la fois une base de données et une carte : on peut interroger les données et les dessiner.
Un SIG superpose des couches d'information sur un même territoire pour croiser les données.
Exemple concret
Pour choisir l’emplacement d’une nouvelle école, une commune superpose une couche de population par quartier, une couche de réseau routier et une couche d’équipements existants. Le SIG permet d’identifier les quartiers éloignés de tout établissement, et de calculer le temps de trajet depuis chaque point.
Une commune veut construire une école. Elle superpose sur une carte où vivent les enfants, les routes et les écoles existantes. Elle voit tout de suite les quartiers trop loin d’une école.
Vocabulaire
SIG : système d’information géographique, qui combine données localisées, traitements et représentations cartographiques.
Couche d’information : ensemble d’objets géolocalisés de même nature, superposable aux autres couches.
Géoréférencement : rattachement de données à une position précise sur la surface terrestre, dans un système de coordonnées commun.
SIG : un logiciel qui range et croise des données sur des lieux.
Couche d’information : un calque d’informations sur la carte, comme les routes ou les écoles.
Géoréférencement : donner à chaque donnée sa place exacte sur la Terre.
Les chiffres à connaître
Années 1960 : premiers systèmes d’information géographique, développés au Canada pour la gestion des ressources naturelles. Repère historique, consensus de la littérature sur les SIG.
4,14 milliards d’hectares de forêts, dont l’état est évalué à partir de données géolocalisées et de télédétection. FAO, GFRA 2025.
Années 1960 : naissance des premiers SIG, au Canada. Repère historique.
4,14 milliards d’hectares de forêts, évaluées avec des données localisées. FAO, 2025.
Ce qu'en disent les géographes
Les géographes quantitativistes, dès les années 1960, ont développé des modèles spatiaux et des analyses statistiques qui préparent les SIG. La géographie critique a ensuite interrogé leurs usages, en rappelant que les données géolocalisées ne sont jamais neutres et qu’elles peuvent servir à surveiller comme à planifier.
Dès les années 1960, des géographes ont utilisé les modèles et les statistiques pour analyser l’espace. D’autres ont ensuite rappelé que les données sur les lieux peuvent servir à surveiller les gens, pas seulement à les aider.
Piège / à ne pas confondre
Un SIG n’est pas un simple logiciel de cartographie : il organise des données et permet de les analyser. Autre piège : la qualité du résultat dépend de celle des données (exactitude, date, échelle, système de coordonnées). Une analyse précise sur des données fausses reste fausse.
Un SIG ne fait pas que dessiner des cartes : il analyse des données. Mais le résultat ne vaut que ce que valent les données : des données fausses donnent une analyse fausse, même très précise.
Pour anticiper
Pour une question spatiale, identifie les couches nécessaires, vérifie leur date et leur échelle, puis choisis l’opération d’analyse (sélection, distance, superposition). Cette démarche structure aussi une argumentation de composition ou un croquis.
Pour répondre à une question sur un lieu, dis quelles informations il faut, vérifie qu’elles sont à jour, puis dis ce que tu veux faire avec : mesurer une distance, croiser deux données.
À retenir
Le SIG organise des données localisées en couches superposables, les analyse et les représente. Sa fiabilité dépend de la qualité des données et des opérations choisies.
Un SIG range des informations sur des lieux, en couches qu’on peut superposer pour répondre à une question. Le résultat ne vaut que par les données qu’on y met.