Les paysages et les territoires
Fil conducteur
Inès photographie un bocage normand, puis une plaine céréalière : le paysage raconte les décisions de ceux qui l'ont façonné.
En une phrase
Le paysage est la partie d’un territoire perçue par un observateur, façonnée par les rapports entre nature et sociétés ; il constitue à la fois un support d’identité, une ressource économique et un objet de protection.
Un paysage, c’est ce que l’on voit d’un territoire. Il est fait par la nature et par les gens, il dit beaucoup d’une région, et il se protège ou se perd.
Pourquoi c'est important
Les paysages portent l’identité des territoires, attirent les touristes et les nouveaux habitants, et font l’objet de conflits d’usage (éolien, urbanisation, agriculture). Leur protection relève de politiques publiques, mais elle suppose de comprendre leur histoire et leur fonctionnement.
Les paysages font l’identité d’une région. Ils attirent les touristes et les habitants, et ils sont au cœur de débats : éoliennes, lotissements, cultures. Il faut les comprendre avant de les protéger.
Comment ça marche
- Le paysage résulte d’une histoire longue : relief, climat et végétation d’abord, puis choix agricoles, constructions, routes et modes de vie.
- Un paysage se lit par ses structures (haies, parcellaire, habitat, réseau) et par son évolution, qui peut être rapide ou lente.
- La Convention européenne du paysage, signée à Florence en 2000, définit le paysage comme une partie du territoire perçue par les populations et dont le caractère résulte de l’action de facteurs naturels et humains.
- Le paysage devient ainsi un objet d’aménagement : on le protège, on le met en valeur, on l’intègre aux projets.
- Un paysage a une longue histoire : le relief et le climat d’abord, puis les champs, les maisons, les routes.
- On lit un paysage par ses haies, ses champs, ses villages et ses routes, et par ce qui a changé.
- En 2000, à Florence, les pays d’Europe ont signé une convention qui définit le paysage comme ce que les gens voient et vivent.
- Le paysage est donc un objet que l’on protège ou que l’on aménage.
Exemple concret
Le bocage normand, avec ses haies et ses prairies, est un paysage façonné par l’élevage depuis plusieurs siècles. Les remembrements agricoles des années 1960 et 1970 ont supprimé une partie des haies ; aujourd’hui, leur restauration est présentée comme un enjeu de biodiversité et de paysage.
Le bocage de Normandie a des haies et des prairies, façonnées par l’élevage depuis longtemps. Les agriculteurs ont arraché une partie des haies dans les années 1960 et 1970, et on tente aujourd’hui de les replanter.
Vocabulaire
- Paysage : partie d’un territoire telle que la perçoivent les populations, résultat de l’interaction entre nature et sociétés.
- Bocage : paysage agraire de prairies closes par des haies et des talus, typique de l’ouest de la France.
- Patrimoine paysager : ensemble des paysages reconnus pour leur valeur culturelle, naturelle ou identitaire.
- Paysage : ce qu’on voit d’un territoire, fait par la nature et par les gens.
- Bocage : des prairies entourées de haies, typiques de l’ouest de la France.
- Patrimoine paysager : les paysages que l’on juge précieux et que l’on veut garder.
Les chiffres à connaître
- 4,14 milliards d’hectares de forêts dans le monde, qui structurent de nombreux paysages. FAO, 2025.
- 19 % de la population mondiale vit en zone rurale en 2025, où se trouve l’essentiel des paysages agraires. ONU, World Urbanization Prospects 2025.
- 4,14 milliards d’hectares de forêts, qui donnent à la planète beaucoup de ses paysages. FAO, 2025.
- 19 % des habitants du monde vivent à la campagne, là où les paysages sont les plus travaillés. ONU, 2025.
Ce qu'en disent les géographes
Les géographes du paysage, dans la tradition de Georges Bertrand, ont proposé de lire le paysage comme un système où interagissent des composantes naturelles et sociales, et où l’évolution est lente mais continue. Cette lecture dynamique permet de distinguer le paysage hérité du paysage produit par les projets contemporains.
Le géographe Georges Bertrand voit le paysage comme un système : la nature et les sociétés y agissent ensemble, et il change lentement. On distingue ainsi le paysage hérité du passé et celui que produisent les projets actuels.
Piège / à ne pas confondre
Paysage et décor ne sont pas identiques : un paysage n’est pas une image figée, il résulte de pratiques et d’usages. Autre piège : un paysage « naturel » est souvent un paysage façonné depuis longtemps, comme les landes ou les montagnes pastorales.
Un paysage n’est pas une image figée : il vient des pratiques des gens. Et un paysage qui semble naturel, comme une lande, a souvent été façonné par l’homme depuis longtemps.
Pour anticiper
Pour un projet qui modifie un paysage (éolien, lotissement, route), demande-toi quelle identité il touche, qui le valorise ou le subit, et comment il s’intègre aux structures existantes. Une bonne analyse distingue le paysage perçu et le paysage vécu.
Pour un projet qui change un paysage, demande-toi ce qu’il modifie, qui y gagne ou qui en souffre, et s’il s’intègre à ce qui existe.
À retenir
Le paysage résulte de l’interaction entre nature et sociétés. Il porte l’identité d’un territoire, fait l’objet de conflits d’usage et de politiques de protection.
Le paysage vient de la nature et des gens. Il fait l’identité d’un lieu, et on se dispute sur son usage et sa protection.