Le risque environnemental
Fil conducteur
Inès lit un plan de prévention : une zone colorée en rouge, une autre en bleu. La couleur dit moins le danger que le lieu où l'on vit.
En une phrase
Le risque environnemental résulte de la combinaison d’un aléa (phénomène naturel ou technologique), d’une exposition (population, biens) et d’une vulnérabilité (capacité à anticiper, à résister et à se relever).
Un risque, c’est un danger qui touche des gens. Il faut trois choses : un phénomène dangereux, des gens ou des biens exposés, et une faible capacité à faire face.
Pourquoi c'est important
Les catastrophes sont de plus en plus coûteuses en vies et en biens, surtout dans les zones à forte exposition et faible capacité de réponse. Comprendre le risque comme un produit de la société et du milieu, et non comme un simple aléa, oriente la prévention, l’aménagement et l’aide.
Une catastrophe ne touche pas tout le monde pareil. Ce qui compte, c’est combien de gens sont exposés et s’ils peuvent se protéger. C’est là que la prévention peut vraiment changer les choses.
Comment ça marche
- L’ALÉA est le phénomène dangereux (crue, séisme, sécheresse, incendie, pollution) ; sa probabilité et son intensité se mesurent.
- L’ENJEU est ce qui est exposé : vies, habitat, activités, infrastructures.
- La VULNÉRABILITÉ dépend de la richesse, de l’information, de l’organisation et de la qualité des équipements. Deux espaces exposés au même aléa ne subissent pas les mêmes dégâts.
- Le cadre de Sendai (2015-2030) des Nations unies rappelle que la réduction des risques passe par la connaissance du risque, la gouvernance, l’investissement dans la prévention et la préparation.
- L’aléa, c’est le phénomène : une crue, un séisme, une sécheresse, un incendie.
- L’enjeu, c’est ce qui peut être touché : les vies, les maisons, les routes, les usines.
- La vulnérabilité, c’est la capacité à faire face : l’argent, l’information, les secours, la solidité des bâtiments.
- En 2015, l’ONU a adopté un cadre pour réduire les risques jusqu’en 2030 : mieux connaître le risque, mieux l’organiser, mieux le prévenir.
Exemple concret
Dhaka, avec environ 36,6 millions d’habitants selon la révision 2025 de l’ONU, est installée sur un delta exposé aux crues et aux cyclones. L’aléa est fort, mais la vulnérabilité des quartiers pauvres, construits sur des terrains bas et sans drainage, aggrave fortement les conséquences.
Dhaka, au Bangladesh, est une très grande ville installée dans un delta, près de la mer. Les crues et les cyclones sont fréquents, et les quartiers pauvres, construits sur des terrains bas, sont les plus touchés.
Vocabulaire
- Aléa : phénomène naturel ou technologique potentiellement dangereux, caractérisé par sa probabilité et son intensité.
- Vulnérabilité : degré auquel une population ou un territoire est affecté par un aléa, selon sa capacité à l’anticiper et à y faire face.
- Résilience : capacité d’un territoire ou d’une société à absorber un choc, à s’adapter et à se reconstruire.
- Aléa : le phénomène dangereux lui-même, une crue ou un séisme par exemple.
- Vulnérabilité : à quel point les gens sont touchés, selon ce qu’ils peuvent faire.
- Résilience : la capacité à encaisser un choc, puis à se relever.
Les chiffres à connaître
- 36,6 millions d’habitants pour l’agglomération de Dhaka, exposée aux crues, selon la révision 2025 de l’ONU. ONU, WUP 2025, via Nippon.com.
- Cadre de Sendai, 2015-2030 : feuille de route de l’ONU pour réduire les risques de catastrophe. Nations unies, Cadre de Sendai, 2015.
- 36,6 millions d’habitants à Dhaka, une ville très exposée aux crues. ONU, 2025.
- 2015-2030 : la période du cadre de l’ONU pour réduire les risques de catastrophe. ONU, 2015.
Ce qu'en disent les géographes
Les géographes des risques, comme Gilbert White, dès les années 1940, ont montré que les populations réagissent aux aléas selon leur perception et leur expérience, et que l’occupation des zones à risque résulte autant de choix sociaux que de la nature. Cette approche a fondé la géographie des risques contemporaine.
Le géographe américain Gilbert White a montré, dès les années 1940, que les gens réagissent selon ce qu’ils perçoivent et ce qu’ils ont vécu. Construire en zone à risque est donc aussi un choix social.
Piège / à ne pas confondre
Aléa et risque ne sont pas synonymes : un aléa fort dans un désert non peuplé ne constitue pas un risque. Autre piège : une catastrophe « naturelle » résulte souvent de choix d’aménagement ; l’aléa est naturel, les dégâts ne le sont pas.
Un fort aléa dans un lieu vide n’est pas un risque. Et une catastrophe dite naturelle vient souvent des choix faits par les gens : où bâtir, comment protéger.
Pour anticiper
Pour un territoire exposé, demande-toi quel aléa est présent, combien de personnes et de biens sont exposés, et quelle capacité de réponse existe (alerte, secours, réseau, assurance). Le risque baisse surtout en réduisant la vulnérabilité.
Pour une zone à risque, demande-toi quel danger est présent, combien de gens sont exposés, et qui peut les aider vite. Le risque baisse surtout quand on réduit la fragilité.
À retenir
Le risque combine aléa, enjeu et vulnérabilité. Les catastrophes sont d’abord le produit de l’exposition et de la fragilité des sociétés, et la prévention vise surtout la réduction de la vulnérabilité.
Un risque, c’est un danger, des gens exposés et une faible capacité à faire face. On réduit le risque en réduisant la fragilité.